Je suis faible. Oui, je le sais. J’ai encore commandé une nouvelle imprimante 3D. Qui plus est sur Kickstarter. Bref, full red flags. Ou peut-être pas. Je vous explique.
Commençons par expliquer ce qu’est Kickstarter. Il s’agit d’une plateforme de financement participatif. Vous financez un projet avec une grosse remise sur le prix final et lorsqu’il voit le jour, s’il voit le jour, vous obtenez votre produit. Bref, c’est la foire à l’arnaque. Depuis 2013, j’ai financé 9 projets, dont un seul a été une pure arnaque. J’ai perdu une centaine de francs. Bref, il faut être prudent.
Quel rapport avec cette nouvelle imprimante 3D? Et bien Snapmaker est toujours passé par Kickstarter pour lancer ses nouveaux produits. C’est une boîte établie depuis 2016, et qui a toujours été disruptive par rapport au marché. Ainsi, elle a proposé une trois-en-un; imprimante 3D, graveurs laser, CNC. Le pire des scénarios pour moi; c’est, à force de compromis, de tout faire moyennement, au lieu de faire bien une chose. Pourtant, SnapMaker a développé une machine plutôt pas mal.
Alors que le monde de l’imprimante 3D évolue à une très grande vitesse, on n’entendait plus parler de SnapMaker. Ils sortent un produit tous les 3-4 ans; un éternité dans ce milieu. Imaginez qu’il n’y a seulement que 10 ans, ma première imprimante 3D ressemblait à ça:

Mais quand SnapMaker sort un produit, il faut s’attendre à ce qu’il rebatte les cartes. Et cela a à nouveau été le cas hier, avec le lancement de la Snapmaker U1.

Lancée au prix de 749$, elle sera ensuite proposée au prix régulier de 999$, soit… à peine 805 francs suisses. On peut donc parier sur un prix de vente inférieur à 1’000 francs en Suisse, et ce pour une imprimante multicolore. Le prix est donc très inférieur à celui d’une Bambu Lab ou d’une Creality. On se rapproche des prix des Anycubic Kobra S1 Combo.
La vraie nouveauté de la SnapMaker U1 est de reprendre la technologie de la Prusa XL: à savoir l’utilisation de 4 extrudeurs (5 dans le cas de la Prusa XL). Avantage: pas de purge de filament, lors du changement de couleur. La tête d’impression va juste chercher le bon extrudeur. Cela implique une impression plus rapide, mais surtout cela corrige le principal problème des imprimantes multicolores jusqu’ici: l’énorme gaspillage de filament lors de chaque changement de couleur. Avec 4 têtes, il n’y a plus de purge. C’est ce qui fait la force de la Prusa XL… sauf qu’elle coûte 3’500 €.

SnapMaker va faire mal à Prusa et à Bambu, en réussissant à sortir une imprimante 4 extrudeurs, avec un volume d’impression honorable de 270x270x270 mm, le tout en ayant la bonne idée de se baser sur le Slicer open source Orca Slicer. SnapMaker a aussi annoncé que la U1 sera open source. Et le tout pour à terme 999$.
En attendant de pouvoir la tester en vrai, voici deux vidéos: une première, qui montre bien les inspiration de Prusa et Bambu pour concevoir la SnapMaker. La seconde est une présentation détaillée et en français de la SnapMaker U1.
